Les recueils de nouvelles... Boutons de défilement
Dessous divers

Nouvelles érotiques
Collection Ceriselles
Cécile Bailly, Muriel Bonneville, Paola Cicagna, Léa Duffy,
Sandrine Hébert, Cy Jung, Anne-Laure Mahé et Brigitte Ourlin

176 pages - ISBN 2-914908-26-1
13 euros- octobre 2005

Après leurs Histoires qui fondent sous la langue... les auteures de La Cerisaie reviennent vous faire partager les délices saphiques.
Leurs héroïnes explorent les limites du plaisir, lorsque le désir emporte tout et que l’imagination exacerbe leurs sens. Elles osent jeter leur vertu et leur retenue aux orties pour se découvrir d’autres affinités et tenter de nouvelles expériences…
-- Les Grandes Lignes de l'histoire de Dora --
Des sourcils épilés en un trait, des yeux bruns soucieux qui regardent droit devant eux, des hanches rondes et des jambes galbées dans un bas gris couturé. L’homme à la mèche blanche qui lui faisait face la dévisageait sans discrétion. Eût-il été encore plus concupiscent qu’elle ne s’en serait pas rendue compte puisqu’elle était perdue dans ses pensées. En faisant toute la ligne de chez Nush à chez elle, le fil de sa mémoire se déroulait.
Le matin même, elle était allée à l’église. Depuis que ses rencontres avec Lacan, l’ami de Georges, avaient commencé, elle allait à l’église. Elle disait que ce n’était qu’un hasard, que tout naturellement elle était revenue à la religion de son enfance catalane. Le matin même, avant de sortir de l’église, elle avait passé un pacte avec le soleil : « Si sur le parvis, je suis éblouie, c’est un signe, j’irai ». Midi sonna et un nuage cacha le soleil précisément au moment où elle sortit. « C’est donc qu’il ne faut pas que j’y aille ».
Délivrée de ses doutes, elle coupa par la place des Vosges. Peut-être était-ce à cause de la verdeur nouvelle de la pelouse qu’elle eut de nouveau et soudainement l’envie de faire ce qu’elle n’avait pas encore osé faire. Elle se ravisa. Sans totalement effacer l’envie. Elle s’en remit à la charcutière du coin de la rue. « Si elle rit derrière son étal au moment où je passe, j’irai ». Quelques mètres plus loin, la charcutière, qui de coutume se frottait les yeux en riant avec ses clients, se tenait droite, seule dans sa boutique, le sourire aux lèvres, rien de plus. « C’est vraiment signe que je ne dois pas y aller ». L’air maussade de la marchande de fruits d’à côté confirma l’interdiction. Elle se résolut à rentrer chez elle s’occuper des casseroles qui attendaient d’être lavées depuis trois jours. « Et puis non ! Tant pis ! Il faut que je sache si c’est vrai ! » Chassant toute pensée, elle hâta le talon, prit le métro, et partit aux Deux Magots.
Le meilleur est à la suite...
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